Sécurité, culture d’entreprise, espaces verts, recyclerie… Les salariés de Tezea, entreprise à but d’emploi (EBE) située sur le territoire de Pipriac-Saint-Ganton, sont tous passés par la case formation avant d’atteindre la case départ.

« Au début, j’ai eu du mal avec l’idée d’entrer en formation. Le retour à l’école, c’est compliqué… Mais cette idée reçue n’était pas bonne », confie Nathalie Morel, salariée de Tezea. Comme l’ensemble de ses collègues, elle a suivi des formations avant d’être embauchée par l’EBE de Pipriac-Saint Ganton (Ille-et-Vilaine). Au total, 34 personnes ont été formées en mars et 23 en mai, des formations financées par la région Bretagne, l’Agefiph et le Point accueil emploi de Pipriac. « Nous ne mettons pas l’accent sur le côté formation, mais plutôt sur ce que le salarié en fera une fois dans l’entreprise. Il est nécessaire de désacraliser ce moment », explique Béatrice Pinard, responsable formation continue au sein de la Maison familiale rurale de Guipry-Messac. La MFR organise les formations main dans la main avec Tezea, « en adaptant les contenus en fonction des activités et des besoins », note Serge Marhic, l’un des deux directeurs de l’EBE. « La MFR a ‘l’apprentissage par le faire’ dans son ADN et c’est un partenaire de proximité », indique Guillaume Bonneau, l’autre directeur.
Deux modules sont obligatoires, l’un sur la sécurité, l’autre sur la culture d’entreprise, pour faire le point sur l’économie sociale et solidaire en général et le fonctionnement de l’EBE en particulier. Certains salariés ont également suivi des modules de formation sur l’entretien des espaces verts ou la recyclerie, deux activités phare de Tezea.

« Des équipes déjà soudées, avec une vision et une motivation communes »

Si Nathalie a dépassé facilement ses idées reçues, l’entrée en formation reste difficile pour certains. L’équipe projet et la direction de Tezea font un travail important de mobilisation. « On remotive, on écoute pour comprendre ce qui bloque, on relance encore et encore », explique Annie Leray, membre de l’équipe projet. Et pourtant, pour bien des salariés formés, ce moment est « rassurant ». « Il permet de visualiser le cadre que l’on va intégrer, c’est important car tout est à construire dans Tezea », explique Yvanne Reminiac.
Comme Sophie, beaucoup de salariés apprécient de « se connaître avant de travailler ensemble ». « Les équipes arrivent déjà soudées, avec une vision et une motivation communes », note Guillaume Bonneau. Cela permet aussi de reprendre un rythme de travail et « des habitudes de travail en groupe », précise Gwénaelle Arzillier, salariée. « Dans ce projet [Territoires zéro chômeur de longue durée], on n’a pas toutes les réponses, ni toutes les solutions, il faut faire de grands sauts dans l’inconnu », remarque Guillaume, « c’est loin d’être toujours simple, heureusement il y a, dans l’EBE, des salariés qui ont bien compris l’esprit du projet et qui arrivent à convaincre les autres. Cette cohésion d’équipe est très importante pour affronter l’incertitude ».

Toc, toc, toc, c’est Territoires zéro chômeur de longue durée !

Depuis avril dernier, une partie de l’équipe projet va sonner aux portes des habitants de Pipriac et de Saint-Ganton pour présenter Territoires zéro chômeur de longue durée. Pour atteindre l’exhaustivité dans le recrutement des personnes privées durablement d’emploi, il faut « toucher tout le monde, on doit donc utiliser tous les canaux : les associations locales, l’épicerie sociale, les assistantes sociales, le porte-à-porte… », explique Denis Prost, chef de projet sur le territoire de Pipriac-Saint-Ganton. « On recense les petits travaux dont les gens ont besoin et on sensibilise les habitants en vue de l’épicerie ambulante qui devrait être lancée sous peu par Tezea, en partenariat avec les commerces locaux », explique Annie Leray, de l’équipe projet.

Photos : Copyright Annie Leray

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